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jeudi 1 décembre 2011

Ce que l'on écoutait en Novembre 2011, à l'usage de nos descendants (2)

Non, vous ne rêvez pas, il y a bien deux articles pour cette merveilleuse tradition dont vous êtes déjà tous fortement dépendants, je le sens. Cette deuxième partie sera consacrée aux concerts du mois... autrement dit des événements musicaux vraiment ancrés dans le mois de novembre 2011 (oui parce que quelqu'un m'a dit à juste titre que bon, j'étais bien mignon, mais que Metric, PJ Harvey, etc., c'était pas vraiment récent. SOIT.).

Camille @ Sébastopol, Lille, 16 novembre 2011
Un aperçu à voir impérativement !...
"Aujourd'hui, c'est le plus beau jour, c'est la plus belle vie, c'est le plus grand amour sur la plus belle planète..."

Le ton est donné. Camille débute la première partie de son spectacle, celle où elle interprètera toutes les chansons de son dernier album, "Ilo Veyou". Elle est vêtue d'une large toge orange, ses musiciens-choristes sont munis de casques dotés de micros, et une grande ampoule pend au milieu de la scène. Ce sera presque le seul éclairage pour cette partie intimiste. Dans une mise en scène par Robyn Orlin, Camille va imprimer divers mouvements chorégraphiés à cette lumière, dessinant avec précision des jeux d'ombre impressionnants sur le fond de scène. Selon les chansons, l'ombre de Camille apparaît minuscule, monstrueuse, floue, majestueuse ou changeante. Les morceaux s'enchaînent, d'abord selon une alternance chanson gaie/chanson triste un peu scolaire, puis avec beaucoup plus de malice. Les orchestrations sont le plus souvent similaires à la note près à celles de l'album, mais le talent considérable de la chanteuse et la présence des musiciens permet aussi de donner une autre couleur à certaines chansons, dont "Allez allez allez", délicieuse en live, là où elle était fatigante en studio. Pour les autres, les émotions sont évidemment amplifiées par le live. Concentrée, précise, Camille use de sa voix et de son sens du rythme avec une aisance et une maîtrise extraordinaires. Elle ne se permet que la fantaisie de "La France", qui signe le retour de son personnage fétiche Yvette, qui enflamme la salle et qui invite des spectateurs sur scène. Puis, le spectacle reprend avec des chansons presque a-capella d'une émotion sans pareille, qui passent à toute vitesse jusqu'au fermer de rideau.


Le mot "Entracte" est projeté sur les rideaux du théâtre Sébastopol. Mais Camille et son groupe apparaissent rapidement en avant-scène, et la chanteuse dit "Tant pis pour ceux qui sont partis aux cabinets... parce que nous on va distribuer des bonbons !". Et faire faire des pompes aux musiciens lorsqu'ils ne réussissent pas les pas de danse classique imposés par la leadeuse juste pour rire, nous demander quelles chansons nous voulons pour la deuxième partie et nous faire chanter "Joyeux anniversaire" à une heureuse spectatrice.


Un autre monde : la sobriété magnifique de la première partie laisse la place à une fraîcheur spontanée qui va s'exprimer dans la deuxième partie. Celle-ci comporte les plus grands succès de Camille, cette fois ré-instrumentés avec soin et goût pour l'occasion, ainsi qu'un certain nombre d'inédites que le public reprendra en chœur, même les plus insolites. Enfin, Camille invite Jeanne Cherhal à descendre chanter un duo avec elle, et nous offre une dernière reprise, laissant les spectateurs rentrer enchantés après un véritable spectacle, où Camille a su une nouvelle fois se renouveler, dépasser les attentes de tout le monde, prouver l'étendue de son talent vocal et musical, réussir le pari de scinder son concert en deux parties opposées, et trouver la juste limite entre l'intime et le spectaculaire.




Catherine Ringer @ Aéronef, Lille, 22 novembre 2011
Le concert en intégralité sur Arte !
En lisant mon billet "Catherine Ringer + Guest", le vendeur m'avait pourtant promis que "le groupe "Guest" ferait la première partie" (sic!!!). Quelle ne fut donc pas ma surprise quand, à 20h20, les musiciens qui entrent entourent l'idole... Catherine Ringer vient proposer une "mixture des chansons des Rita Mitsouko avec celles de l'album Ring'n'Roll". Le public, diversifié et relativement âgé, est déjà conquis devant cette femme dynamique au charisme indéfinissable qui justifierait à n'importe qui la pérennité de son succès. Les chansons de Ring'n'Roll, ré-instrumentées juste à point, alternent donc avec des chansons plus anciennes, le tout dans un son cohérent, un peu acoustique, un peu rock. La voix est profonde, claire, toujours juste. Catherine Ringer fait preuve d'une aisance scénique peu commune, qui rayonne sur ses musiciens enchantés (particulièrement le jeune Raoul Chichin, qui semble parfois oublier que le concert n'est pas le sien...).


Le concert est assez similaire à celui qu'elle avait donné à la Boule Noire à Paris au printemps, avant la sortie de l'album, et c'est d'autant plus agréable de le redécouvrir maintenant que les chansons sont connues. Le plaisir de retrouver "Andy" et "C'est comme ça" est inchangé... et certaines nouvelles chansons apparaissent faites pour la scène, comme "Got It Sweet" ou "Si un Jour". L'hommage à Fred Chichin est rendu seule, sur le bouleversant "Mahler", mais Catherine ne se sentira pas obligée de chanter les éternels "Marcia Baila" ou "Les Histoires d'A." ... Si le spectacle accuse un petit coup de mou au milieu, il est porté par un début dynamique et surtout une fin explosive, et l'ensemble est cohérent, mélodique, maîtrisé et beau.





Zazie @ Colisée, Roubaix, 23 novembre 2011
mazazietestropbelle
Bon. Moi, je trouve ça quand même pas mal : presque six mois que je tiens ce blog, et je n'ai presque jamais parlé de Zazie jusqu'à aujourd'hui. Pour les nouveaux arrivants (deux ou trois à tout casser), pré-requis : ceci était mon onzième concert de Zazie, et le troisième pour cette tournée de l'album "7". Mais je me soigne. La preuve.

Pour cette tournée, Zazie a pris le parti d'une tournée très longue dans de petites salles, sans "ears" et avec proximité. Comme pour le Totem Tour, elle fait désormais la part belle aux anciennes chansons, avec notamment l'album "La Zizanie" (dix ans déjà...) très mis en avant sur cette tournée. Le Colisée est une chouette salle. L'entrée sur "Plus Fort", bien mieux maîtrisée que lors des premiers concerts à Lille, fait toujours son petit effet, surtout suivie par le fameux "FM Air" bourré de clins d’œil. Mais Zazie va vite se rendre compte que rien n'est gagné : entre les dix premiers rangs qui ne se lèveront jamais pendant les chansons, les employés de sécurité qui sont prêts à tacler quiconque commettrait l'affront d'aller danser dans les allées latérales et les membres du public qui hurlent après les gens debout, l'ambiance est extrêmement tendue à Roubaix...


La chanteuse fait pourtant tout ce qu'elle peut : elle ressort ses sempiternelles blagues, pimentées d'une ou deux nouvelles depuis la dernière fois, et sa setlist, efficace mais tristement inchangée depuis le mois de mai... Un manque d'audace peu méritoire. Cela dit, ceci n'est sans doute pas perceptible pour les membres moins obsessionnels du public que votre obligé. Et Zazie est en grande forme, danse, rigole, réagit aux commentaires du public... De plus, le son du Colisée est le plus impeccable que j'aie entendu. Chaque mot est distingué clairement (pourtant Dieu sait que Zazie ne possède pas la meilleure diction de la planète...), chaque instrument est entendu, les orchestrations sont ainsi écoutables dans les meilleurs conditions possibles, me faisant même parfois croire à des réinstrumentations, notamment sur "Le Jour J", nettement moins insupportable ainsi. Peut-être face au manque de réaction du public, Zazie sacrifiera "Je vous aime", où la participation du public est requise. Et c'est ainsi que le concert aura peine à décoller, aussi par faute à l'agencement des chansons (ne PAS mettre "Avant l'amour" juste après "Rodéo"...!), mais surtout à cause du plus mauvais public que j'aie vu pour un concert de Zazie... voire pour un concert tout court.


De mon côté, j'ai donc trouvé Zazie décontractée et à l'aise. Certaines chansons comme "Amazone" et "Poupées Zarbie" justifient à mes yeux le prix du billet, et des moments comme "Trois Petits Tours", "Oui" dans le public et "Tout le Monde" avec deux membres du public qui tiennent les perches à son sont symptomatiques de la générosité particulière de Zazie. Mais revoir Zazie une énième fois m'a donné l'impression de recroiser une vielle copine qui habite loin et avec qui on se sent obligé d'aller boire un verre quand elle remonte dans le Nord : elle n'a pas trop changé, et pourtant on a de moins en moins de choses en commun...


(Ces vidéos ne viennent donc pas de Roubaix. A Roubaix, les gens ne tapaient pas dans les mains, c'est que c'est fatigant. Merci à Mayuinne.)

lundi 1 août 2011

Paléo 2011, 5e jour : Est-ce déjà la fin ?

Oui, sachez-le, le Paléo Festival, c'est en fait pendant six jours, jusqu'au dimanche. Mais j'ai dû m'envoler vers les contrées britanniques le dimanche. Donc j'ai loupé le dernier jour (ça va vous suivez? ça se complique sûrement après.), ratant par la même occasion Yael Naim (ce qui m'attriste), Cocoon (ce qui m'attriste un peu aussi mais pas trop, ils se la pètent quand même énormément ... mais y'a Marc), Jamel Debbouze (ça étrangement je m'en suis remis beaucoup plus facilement), et j'en passe, ne mettons pas de sel sur les blessures et passons plutôt à la vraie description du jour où j'étais vraiment là.

J'ai fait l'ouverture des portes ! (ou presque.) (bon ça va hein pour cinq minutes vous êtes gentils vous allez pas chipoter.) Et j'ai pu paresser au soleil tel le plus obèse des siamois, avec des cocktails et des churros sur les espèces de matelas à eau géants qui ont fait leur arrivée dans le festival cette année (non mais attendez, pour la Suisse, un tel changement tout à coup, c'est limite révolutionnaire, là, s'ils avaient un gouvernement, je me serais fait du souci pour lui) (oui j'ai une autre théorie comme quoi la Suisse est un pays qui ne vit sous aucune autorité).

Au Village du Monde jouait Joaquin Diaz. Sympathique dans son genre. Dansant et amusant. (Il faut bien que je m'y résolve : c'est tout ce que j'ai à en dire. Ca me fait bizarre de ne rien avoir à ajouter, moi qui suis réputé pour ma logorrhée chronique.). (Ecoutez ce qu'on va faire c'est que je vais encore rajouter une parenthèse ici présente pour ne pas avoir l'impression d'avoir fait un paragraphe presque vide sur ledit Joaquin, ça vous dérange pas? Merci vous êtes mignons.) </nevrose>

Ensuite, direction le Chapiteau pour Selah Sue. Une jeune rockeuse blonde et assez merveilleuse. Un rock spontané, brut, un peu sale, un peu sans concession, comme j'aime; et elle, au milieu, maîtresse et victime de sa musique à la fois. Très beau à voir. Sa voix puissante rappelle un peu Duffy en plus crade. Elle aura besoin d'encore un peu d'entraînement pour que son naturel s'allie à une maîtrise totale, mais en attendant, c'est déjà très bien, une des grandes découvertes de ce festival.

Par la suite, Ayo... euh Irma au Club Tent. Pas trop mal. Souvent seule sur scène avec sa guitare, elle enchaîne des chansons sympathiques, sans grande ambition, qui font passer correctement un bon moment mais ne marquent pas outre-mesure, sans doute en partie à cause d'une trop grande homogénéité. Mais la chanteuse est agréable et touchante dans sa gratitude.

Ensuite, Moriarty, un de ces concerts que je serais sûrement allé voir ailleurs. J'avoue avoir été décontenancé au début : plusieurs chansons s'enchaînent sans trop d'émotion. Peut-être le groupe était-il perturbé par l'absence pour cause de naissance filiale d'un de leurs membres. En attendant, c'est un peu ennuyeux, entre nous, malgré la présence de l'éminent "Cottonflower". Fort heureusement, la chanteuse sort de scène et revient tout de rouge vêtue, et là le concert démarre vraiment. Avec "Private Lily" et le très attendu et magistral "Jimmy" notamment. La musique se déploie réellement, la voix est toujours aussi impressionnante, les titres passent beaucoup mieux, le concert devient une réussite.

J'ai vu de loin quelques chansons de The Bewitched Hands mais j'étais occupé à d'autres activités sociales comme boire me rafraîchir, discuter, faire des connaissances et OMG apprendre le décès d'Amy Winehouse, dont nous discutions encore paisiblement quelques heures auparavant (elle était barmaid dans un bar londonien et mon frère l'y avait vue) et dont j'avais rajouté les chansons sur ma playlist "Juillet 2011" de mon popod Dalaï Lama (c'est son nom) (et je suis trop fier d'avoir fait un playlist pour le mois) quelques jours avant. Gros choc donc. RIP babe. Sinon le groupe avait l'air pas mal. (Vive le chroniqueur.)

Non mais c'est qu'il est temps d'aller manger. Et après, quelques regards vers Robert Plant & The Group Of Joy. Pas mal, malgré la chevelure digne de René-Charles l'illustre fils de Céline Dion et des airs grisonnants de vieille star sur le retour pour cause monétaire. Cela n'enlève pas un vrai savoir-faire mais ne m'aura pas donné envie de me précipiter sur sa musique en rentrant.

Retour au Village du Monde pour Renegades Steel Orchestra. Comme leur nom l'indique, ils jouent sur différents appareils métalliques. Je m'attendais à un truc plus impressionnant type Tambours du Bronx et moins système B ghetto (dis donc, c'est incroyablement politiquement incorrect ce que je viens de dire, heureusement que personne ne me lit). Dansant et rythmé mais ça ne m'a pas marqué. Je pense qu'il est sage de conclure que la musique des Caraïbes, c'est pas mon quetru.

La pluie permet un très bon placement pour le concert final de Mika. Disclaimer: Comme beaucoup, j'ai été pris par la fièvre Mika à l'époque de son apogée "Love today" & Cie, j'avais d'ailleurs apprécié son concert sur cette même scène il y a trois ans, puis je m'en suis violemment lassé. Mais j'étais néanmoins content de le retrouver ici, même si je ne connaissais aucune de ses nouvelles chansons. Ce dernier point s'avéra ne pas être un problème dans la mesure où, globalement, on peut dire qu'il n'a joué que des chansons du premier album, dans ce concert qui devait sûrement être la version courte de ce qu'il fait hors-festival pour ses vrais fans qui veulent aussi entendre parler du "Boy who knew too much". Mais ici, le public moyen, dont je fais partie, voulait surtout écouter ses plus grands succès. Ainsi, les trois quarts du premier album y sont passés, avec quelques chansons du second quand même. Un vrai show avec des déguisements Marie-Antoinette et tutti quanti, assez marrant à voir. Il maîtrise très bien son spectacle, une vraie bête de scène le petit, même quand la pluie fait rater "Relax" avant le refrain (la musique s'arrête d'un coup! "Oui bon c'est nul on va reprendre depuis le début". Mon manque total d'oreille musicale n'avait évidemment rien remarqué.). Ca a ranimé la flamme de mon intérêt pour le jeune homme, et les mauvaises langues qui attribueront cela à sa ressemblance supposée à l'Homme De Mes Jours auront sûrement au moins un peu raison. En tout, un très bon concert, rythmé, dansant, amusant, et sa voix toujours au top. Golden.

Et c'est fini pour le Paléo, en espérant qu'en 2012, je serai à nouveau sur les Plaines de l'Asse et pas les deux doigts dans un vagin pour un stage de gynécologie-obstétrique. Soupir.

Paléo 2011, 4e jour : Thème ou t'aimes pas (i'm on pun-fire!)

Bon ok je me suis un peu fait attendre pour cette fin de compte-rendu de festival que personne ne lit (à part peut-être ZZ), mais j'ai mieux à faire, voyez-vous, je suis à London, et il y a du carrot cake à chaque coin de rue. Dans de telles conditions, bon, voilà, hein, on se comprend. Mais j'ai fait l'effort incroyable de sécher mon lundi matin pour venir vous parler. (Bon, ok, c'était pas un effort, c'est juste le temps qui est passé trop vite et tout à coup il était trop tard pour partir sans arriver devant une porte close.) (Et si je suis là à écrire, c'est aussi et surtout parce que j'ai la flemme de me bouger jusqu'au lit qui est tout de même à trois mètres (à vue d'oeil)). Mais revenons à nos moutons suisses.

Vendredi, donc. Pas celui-ci, celui d'avant. C'était une soirée à thème. Ce qui a occasionné le jeu de mots incroyable dont vous avez pu jouir dans le titre. Avouez que vous êtes heureux. Oui, donc. Souvent, le Paléo se fait une soirée à thème. D'habitude, c'est le jeudi. Là, c'était le vendredi. J'ai du mal à croire que ça ait pu expliquer le fait que cette soirée ait été de loin la plus remplie de la semaine : aucune revente de places à l'entrée, que des potentiels acheteurs qui sont à mon avis repartis bredouille. (Ce mot devrait être utilisé plus souvent. Bredouille bredouille bredouille.). Personnellement, c'est la soirée que j'ai le moins apprécié au niveau musical. Mais j'ai pu en profiter pour faire un petit tour dans ces terrains souvent inexplorés de l'immense festival. Terra incognita découverte par une équipe franco-lituanienne. Tout un programme.

La Ruche est consacrée aux arts du cirque (non mais depuis quand ?!). C'est donc tout un petit univers bien pensé qui se met en place, avec un chapiteau (un vrai de cirque pour le coup), et un spectacle assez amusant et bien orchestré, "Les aventures de Poncho Miguel". Plus destiné aux enfants. Et aux francophones. La moitié lituanienne de l'équipe sus-nommée n'a pas compris grand-chose malgré mes capacités de traduction instantanée (en anglais, pas en lituanien - j'ai une théorie comme quoi la Lituanie, tout comme la Picardie (mais j'y reviendrai) n'existe pas). Nous ne sommes donc pas restés jusqu'au bout.

Et nous avons exploré le Village du Monde dédié aux Caraïbes. (Pas à l'Afrique Australe, ça, c'était l'année dernière, voyons.) (Ou alors ça c'était avant la Ruche. Je ne sais plus. C'était il y a longtemps voyez-vous. Certes je pourrais vérifier sur le programme mais je n'ai déjà pas le courage de me mouvoir jusqu'à mon lit, qu'espérez-vous de moi en de telles circonstances ?!). Sous le Dôme joue The Creole Choir of Cuba. Je pense que le nom est suffisamment explicite pour que vous, petits lecteurs à l'imagination fertile, visualisiez immédiatement cette troupe de madones (non, madones, pas Madonna, calmez-vous!) (yay j'ai casé Madonna, je vais avoir plein de pédés en plus des partisans du FN de la fois dernière, grâce à Google!) noires en costume de leur pays (ou pas d'ailleurs, j'y connais rien, si ça se trouve elles étaient déguisées en autre chose). (Je vais arrêter les parenthèses sinon vous allez croire que je suis payé à la commission (de parenthèses) (merde)). De jolies voix, un choeur agréable, une ambiance parfois un peu gospel, parfois beaucoup plus africaine. S'alternent les chansons joyeuses dansantes et d'autres plus mélancoliques, avec moult expressions faciales qui nous ont fait nous demander si ce n'était pas un extrait de comédie musicale. La totale incompréhension, malgré ma polyglottie avérée, cf. plus haut, des paroles permet de se concentrer sur les rythmes et d'imaginer ce qu'elles racontent : "What do you think they're singing about ?" "I don't know... Maybe dancing..." "Yeah! And the country..." "Love!" "Love, yeah, obviously.". Une recherche dans le guide nous apprit qu'elles parlent en fait des difficiles conditions de travail dans les champs de canne à sucre des immigrés à Cuba. Enorme fail.

Sur la Grande Scène se produisent ensuite les Cowboys Fringants. Personnellement, un accent canadien comme ça, ça suffit à me combler. (Avez-vous remarqué à quel point on est super multiculturel au Paléo ?! Truc de guedin si j'ose m'exprimer ainsi.). Ma foi, c'était fort bien - ils m'ont un peu évoqué une sorte de Tryo de Québec, avec des thèmes similaires (protéger l'environnement c'est bien, le capitalisme un peu moins), changement rafraîchissant. Bon, j'avoue ne pas avoir tout compris, tabernacle. Mais ils avaient une bonne énergie, et surtout une violoncelliste totalement incroyable, donnant lieu à des morceaux tout à fait géniaux, où son instrument dialoguait avec les autres, tout à fait magnifique. Je l'ai même applaudie super fort à la fin, la fille. Oui, je le dis quand c'est bien, je suis comme ça, moi.

Bon, en fait, je vous l'ai pas dit, mais le thème, à part tout ça, c'était rap (Soprano, Danakil et compagnie). Ah non pardon, le programme dit "Groove/Hip Hop/Reggae". Bon dans tous les cas, ça m'attirait pas des masses. Et puis y'avait Stromae aussi. Mais j'ai commis le pire délit de faciès en refusant d'aller "alors danser" parce que sa tête sur la photo m'énervait déjà. Je suis superficiel mais vous m'aimez comme ça, alors ça va.

Nous avons préféré attendre James Blunt. Oui bon ça va hein. Sur la Grande Scène. Eh bien figurez-vous que, malgré mes quelques préjugés, c'était pas trop trop mal. Bon, ça ne cassait pas trop pattes à un canard et parfois, ça faisait office de musique d'ambiance à mes pérégrinations mentales habituelles, mais globalement, ses chansons passent bien, on va dire. Et il a pas mal de charme scénique. Bref. Voilà. Nous ne sommes pas restés jusqu'à la fin, quand même, alors on l'a pas entendu dire goodbye à sa/son (bon ça va on a le droit de rêver) lover ni m'annoncer à quel point je suis beautiful. It's true.

vendredi 22 juillet 2011

Paléo 2011, 3e jour : Toi-même tu sais.

Hop hop hop, après une moussaka, je passe voir la fin du concert d'Anna Calvi. Le public a l'air enthousiaste, et la voix est très puissante. Mais le son est tellement mauvais et l'instrumentation désagréable que je ne reste même pas une chanson... Oups...

Je préfère aller me placer pour PJ Harvey. Elle arrive, tout en simplicité. Sa voix est spécifique et agréable, la musique est originale et planante, et les musiciens sont tous super vieux ! Les chansons s'enchaînent avec fluidité. Je ne connaissais pas du tout, je ne peux pas dire lesquelles venaient de quel album, mais pendant un long moment, des chansons du même genre se sont succédé. La musique étant agréable, cela n'a pas posé problème, mais vers la fin du concert, des chansons plus variées ont fait leur apparition, faisant regretter l'ordre choisi : quelques disparités plus élégamment dispersées auraient été agréables. Là, le concert commençait à changer de couleur quand j'ai dû filer à contre-coeur vers le Chapiteau...

Oui parce qu'on ne transige pas avec The Do : Both Ways Open Jaws! Un des concerts que je serais allé voir à Lille s'il n'avait pas eu lieu au Paléo aussi. Olivia était magnifique, sa voix était au top malgré un son moyen encore une fois (une première au Paléo!) qui ne la mettait pas trop en valeur. Au niveau musical, c'est toute une expérimentation sonore qui se met en place, impossible de distinguer ce qui relève de l'improvisation de ce qui a nécessité de la répétition... Les chansons s'allongent, souvent un poil trop, mais leur choix est assez bon et leur instrumentation souvent bien pensée. "Bohemian Dances" et "Dust it Off" étaient magnifiques, j'aurais aimé quelques chansons de plus du premier album, notamment "Stay just a little bit more", mais on ne peut pas tout avoir! Le public était déchaîné, la musique était forte, un peu sale, sans concession, mise en valeur par de jolies lumières... très bonne.

Enfin, quelques chansons de The Strokes. Un show avec un décor et des effets vidéo sobres et efficaces, la caractérisation même de la rock star, une voix forte, et du vrai putain de rock quoi. Vraiment bon ! Je n'ai pas pu rester jusqu'au bout mais j'aurai envie d'approfondir. Première année où le Paléo m'apporte autant de découvertes !

Et hop!

jeudi 21 juillet 2011

Paléo 2011, 2e jour : It is ON !

Après des soucis de train (décidément), je file direct (avec une gaufre purée de pommes cannelle évidemment) vers la Grande Scène pour y voir AaRON. La joie de vivre communicative de Simon et, plus discrète, d'Olivier fait plaisir à voir, et on n'a pas de peine à croire le premier quand il avoue que le concert au Chapiteau est un des "meilleurs souvenirs de ma vie personnellement". Les chansons du premier et du deuxième albums se mêlent sans souci dans un concert cohérent. On appréciera les réorchestrations bien pensées des anciennes chansons, les nouvelles sont davantage préservées, mais sont aussi moins adaptées à la scène par moments, créant quelques rares longueurs. Mais la voix de Simon est toujours parfaite, leur musique est puissante, et les lumières éblouissent tout en gardant cette simplicité spontanée qui caractérise le groupe et en fait un très bon concert.

Puis, un petit tour au Chapiteau pour découvrir Angus & Julia Stone, les frère et sœur auteurs de quelques chansons que je connaissais sans savoir que c'était d'eux. Julia a une voix extrêmement particulière, un brin bizarre - tout pour me plaire, d'autant qu'elle la maîtrise et la laisse aller à la fois, donnant un mélange savoureux qui fonctionne très bien, notamment sur sa reprise de "You're the one that I want" (qui rappelle un peu la version de Pauline Croze). Angus a, quant à lui, une bonne voix de chanteur mais, en comparaison, elle paraît un peu banale, et leur partage quasiment équitable de chansons menées par lui et par elle crée un déséquilibre ; je me retrouvais à attendre celles de Julia plus que celles d'Angus. Par ailleurs, l'éclairage était très mauvais : heureusement qu'il y avait les écrans ou je n'aurais rien vu et aurais vite abandonné...

Sur la Grande Scène alors que la nuit tombe arrive Portishead. La voix n'a pas vieilli, toujours aussi puissante, et les tubes fonctionnent avec grâce. La musique est envoûtante, hypnotisante, et a gardé ses airs novateurs de l'époque. Le tout est très intéressant, malgré une certaine froideur du groupe qui ne communique pas du tout avec le public. Reste une envie d'en découvrir davantage.

Ensuite, je regarde et écoute de loin Beirut au Chapiteau, avec mes BOTTES VACHE. (oui j'ai des bottes vache) (non parce que c'est pas tout ça mais c'est que c'est un peu boueux par ici) (mes bottes sont magnifiques elles viennent du stand milk). Beirut propose une musique rafraîchissante, qui change du reste, avec beaucoup de cuivres, et une voix qui m'a rappelé celle d'Antony Hegarty. J'y rejetterai sans doute une oreille, mais ma mauvaise place m'a plutôt conduit vers le Club Tent où j'ai pu découvrir June & Lula. Un duo de filles très sympa, les deux voix s'accordent très bien à la manière d'un Mansfield.TYA, c'est frais, agréable, les chanteuses sont sympas, nous font participer à un gospel, font passer quelques messages anti-homophobie (d'ailleurs cette année au Paléo il y a PLEIN DE PEDES c'est un truc de dingue). Bref un bon moment.

Enfin, la soirée se termine sur la Grande Scène avec The Chemical Brothers. Un son fort, électro, dansant, puissant, qui se marie à merveille avec les visuels diffusés sur les grands écrans et qui occultent complètement les DJ, alors qu'on aurait parfois bien aimé voir comment la magie est opérée... Mais le parallèle entre ces vidéos sur écran géant et cette musique électronique était passionnant et m'a laissé un très bon souvenir.

C'est donc une soirée sans fautes que ce deuxième jour de Paléo !
Ce soir, petite soirée avec surtout PJ Harvey et The Do...

mercredi 20 juillet 2011

Paléo 2011, Premier jour : Guitares & Mise en jambe

Et voilà, c'est reparti, c'est mon cinquième PaléoFestival, et peut-être le dernier... Pour les plus incultes ou ceux sûrement plus nombreux qui arrêtent d'écouter ma voix nasillarde au bout de quelque temps, le Paléo est un festival de musique, le deuxième plus grand européen, qui a lieu à Nyon, en Suisse. Sept scènes, 225 000 spectateurs, six jours, une plaine gigantesque.

A cause de souci de transports, je suis arrivé plus tard que prévu en terre helvète et j'ai filé directement sur la plaine de l'Asse pour retrouver, malgré une boue inhabituelle due à un temps aussi peu clément que la météo parisienne, cette chaleureuse impression d'être un peu rentré à la maison.

Pas le temps de flâner pour découvrir le Village du Monde cette année dédié à l'Afrique Australe ou à la nouvelle création architecturale des étudiants suisses, on file directement assister à la fin du concert de Philippe Katerine au Chapiteau. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Je suis arrivé directement pendant "Marine Le Pen" (youpi, les Google bots vont me répertorier et m'amener plein de fans du FN ; kikoo les fachos!). Le chanteur était coiffé d'une grande fleur dans les cheveux, maquillé d'yeux noirs sur ses paupières closes, et exhibait régulièrement sa "tablette de chocolat... mousse au chocolat". Le concert était finalement d'un absurde maîtrisé, comme toute la création de Katerine. J'ai apprécié de voir que malgré sa fantaisie habituelle, tout était quand même relativement géré, elle n'était pas un prétexte au n'importe-quoi. C'est ainsi que s'enchaînent sans souci ma préférée "Excuse-moi", des chorégraphies et costumes improbables, une compo à partir du jingle d'ouverture d'ordinateur Windows, quelques bribes de chansons et le très attendu "Louxor J'adore", le tout avec une voix plutôt pas mal. Agréable aussi l'impression qu'à travers le personnage, le chanteur est réellement heureux et touché du succès qu'il reçoit, comme si sa part déjantée répondait contre toute attente à celle, plus enfouie, du public. Une réussite, j'aurais aimé en voir plus.

Ensuite, j'ai très soigneusement évité Cali dont le pseudo-engagement m'exaspère malgré nos valeurs communes (désolé les fachos) (excusez l'emploi de ce terme, j'ai reregardé "Le Nom Des Gens" cette semaine, "la gauche c'est bien, la droite c'est des fachos, faut pas transiger là-dessus, sinon c'est la fin de tout"). De ce que j'en ai entendu de loin, les anciennes chansons semblaient bien réarrangées, mais ça n'a pas été suffisant à amener ma flammekueche devant le Perpignanais.

Puis, retour au Chapiteau pour The Nationals, un groupe très rock que je ne connaissais pas. Une voix forte et grave portée par un chanteur charismatique perce plus facilement que les instruments auquel le son du Chapiteau ne rend absolument pas justice, notamment pour les cuivres, presque inaudibles. Les chansons s'enchaînent sans trop de mal, toujours très rock, bien instrumentées et jolies, entre planantes et sombres. Malheureusement, aucune ne sort du lot, et très vite, elles commencent à se ressembler un peu trop... me conduisant à aller rejoindre Florent Marchet au Club Tent. Le public y est beaucoup plus clairsemé. Les quelques premières chansons ne me convainquent pas trop, me rappelant un peu trop la "Nouvelle Scène Française" d'il y a quelques années et qui a fait son temps. Heureusement, ensuite viennent des morceaux beaucoup plus intéressants musicalement, avec une sonorité beaucoup plus électro qui a dû sûrement plaire à mon côté PIFBP. De plus, les paroles quittaient le côté "petite histoire Bénabar" pour rejoindre des textes plus profonds et plus touchants. Le tout porté par de jolis effets de lumière, le jeune chanteur s'avère prometteur.

Enfin, le grand concert de la soirée, sur la Grande Scène, était Jack Johnson. Une belle gueule, une guitare sèche, des accompagnements simples et efficaces. Sa maîtrise sur son instrument et sur sa voix était plaisante, mais globalement, le concert manque d'originalité, et très vite, le même syndrome que The Nationals s'applique, les chansons s'enchaînent un peu trop facilement, sans grande différence. Cependant, sa musique relève d'un charme certain et fort agréable.

C'est ainsi une "petite soirée" qui s'achève, mais le Festival, toujours aussi bien géré, et qui a même fait quelques très rares entorses à son incroyable stabilité dans le choix des multiples stands, promet une semaine fort agréable.

vendredi 8 juillet 2011

Keren Ann + Lail Arad au Palais des Sports de Desvres, 07/07/11

Le Festival de la Côte d'Opale est assurément (!) un bienfait pour la région. Porté par un organisateur compétent et cultivé, il est toujours programmé avec goût, jusqu'à l'association des chanteurs pour les soirées. Cette soirée "très anglo-saxonne" en a encore été la preuve.

Cela ne partait pas forcément bien, surtout à cause du lieu : le Palais des sports. Soupir. Pourquoi le monde s'entête-t-il à faire de la musique dans des endroits adaptés à des activités bien moins artistiques ? Sans surprise, l'acoustique y était très mauvaise ; même si beaucoup de gens ont trouvé que le son avait été bien géré, surtout à nos bonnes places, en ce qui me concerne, c'est peut-être le concert où mes oreilles ont le plus souffert, sans aucun rapport avec la qualité de la musique. Et, en terme de lieu, bon, Desvres, on a vu plus glamour, je pense à la pauvre Keren Ann qui, en transit entre sa tournée américaine et Tel Aviv, arrive dans ce bled paumé... Mais bon. Faisons vivre la Côte d'Opale. Youpi.


La première partie s'appelait donc Lail Arad. Toute jeune chanteuse londonienne, elle était très impressionnée de jouer en France, en première partie de Keren Ann : toute intimidée, elle était d'autant plus touchante. Malgré cela et le public froid et mou comme un yaourt périmé, elle faisait de son mieux pour communiquer avec lui, dans un français approximatif mais adorable, expliquant souvent le sens ou l'origine de ses chansons. Accompagnée de deux charmants musiciens, elle a posé une musique parfois un peu simple mais souvent inventive, avec nombre petits instruments originaux. Sa voix claire, juste et chaude, malgré un manque d'expérience et d'affinement, rappelle beaucoup la talentueuse Regina Spektor. Ses chansons enfin regorgent de phrases bouleversantes de sincérité, leur compréhension étant facilitée par une diction impeccable. Ainsi, cette première partie fut une bonne surprise, au point que j'ai acheté le CD tout de suite après : Lail Arad était là, très touchée, pour dédicacer les exemplaires. J'espère qu'elle aura une carrière suffisamment longue pour pouvoir déployer entièrement son potentiel et affirmer davantage son identité scénique et musicale. En attendant, sa musique légère et ses paroles profondes m'ont satisfait !


En attendant, on a pu voir les trois premiers rangs "réservés" se remplir partiellement de personnes âgées sur leur trente-et-un... Assis au quatrième rang, face au micro, nous espérions qu'ils renverraient à Keren Ann une image suffisamment dynamique - il n'en fut rien, évidemment. Pour ma part, j'ai croisé Keren Ann à côté des toilettes, elle a souri à mon air interloqué. Elle portait une jolie robe noire avec des bottes assorties, et ses cheveux avaient, Dieu merci, retrouvé leur brun naturel sous un chapeau blanc.


Le compte à rebours commence, à partir de 101, nom du dernier album, par la chanson éponyme qui décompte, jusqu'à "1... God". C'est à se demander si Keren Ann se veut divine sur sa première apparition, pour l'excellente chanson "Strange Weather", plus rock que sur l'album mais toujours aussi bouleversante, peut-être même trop pour une ouverture de concert. S'enchaînent alors trois autres chansons très rock, avec un son trop fort dans cette salle inadaptée : c'est parfois plus désagréable qu'autre chose, et si j'ai apprécié le retour de "It ain't no crime", j'ai trouvé que la réorchestration plus complexe la desservait plus qu'autre chose, une simple voix-guitare électrique aurait été largement préférable.

Mais heureusement, après ces quatre chansons, Keren Ann reprend ce qui lui va le mieux : des chansons plus douces, plus intimistes, alternées avec plus de parcimonie avec des chansons plus dynamiques. Je comprends son envie d'expérimenter dans le rock mais sa maîtrise des morceaux doux est telle qu'il ne faudrait tout de même pas s'en priver... C'est donc de merveilleux moments qui ont lieu, notamment sur les chansons plus anciennes, réorchestrées avec beaucoup de goût : c'est le cas de "You and I", "Sailor & Widow", la superbe "Lay your head down", et la tout aussi incontournable que touchante "Not going anywhere". Les chansons du dernier album, efficaces et jolies, ne sont pas trop en reste : la réussite totale de "All the beautiful girls", qui ne m'intéressait pas plus que ça en version studio, ou encore "You were on fire" et "Blood on my hands". J'aurais aimé y voir "Song from a tour bus", mais globalement, j'ai trouvé que le choix des chansons, si leur ordre laissait à désirer, était très bien pensé.


Cependant, la communication avec le public n'est vraiment pas le fort de la chanteuse ; elle donne ainsi une fausse image d'elle : froide, détachée, presque hautaine, qui peine à plaire au public déjà bien trop sage. Heureusement, une excellente réinstrumentation de "My name is trouble" permet de remuer tout ça, aidée aussi par une bluffante reprise d'Alain Bashung ("Je fume pour oublier que tu bois") et même une chanson en français du deuxième album : "Le chien d'avant-garde", qui a fait regretter que Keren Ann n'ait pas davantage exploité ses premiers albums...

Les musiciens (dont Nicolas Fiszmann, aussi musicien de Zazie et Clarika), un peu en retrait mais complices, ne se sont pas imposés face à la belle, toujours affublée d'une guitare, sèche ou électrique, qu'elle maîtrise mieux encore que ce à quoi je m'attendais. Mais, malgré une voix un tout petit peu enrouée, c'est peut-être encore en improvisation a capella que le charme passe le mieux...


C'est donc un bon concert, malgré une salle inadaptée remplie de gens peu motivés qui peineront à communiquer avec la chanteuse, que présente Keren Ann, talentueuse et radieuse. Son concert, bien ficelé, défile tout seul, bien avant d'avoir le temps de compter jusqu'à 101.