mercredi 12 septembre 2012

"Cherchez Hortense", Pascal Bonitzer

On continue dans le petit film français. Celui-ci est nettement plus sympathique, là où son synopsis était pourtant peu attirant (heureusement donc que ma chère collaboratrice m'a convaincu de m'y emmener) : un homme est obligé par son épouse, artiste détachée, à demander à son père, Conseiller d'Etat, d'aider une inconnue depuis peu dépourvue de ses papiers. Quand il ne parvient pas à formuler cette requête, c'est tout son monde familial, professionnel et personnel qui s'écroule progressivement.


Le film se construit donc comme une course contre-la-montre vers un but indéfini : Damien tente de faire ce qu'on attend de lui et se retrouve vite piégé quand les circonstances jouent perpétuellement en sa défaveur. Il essaie, de façon itérative, de prodiguer l'aide qu'il a promis d'apporter, mais à chaque échec, il s'enlise un peu plus dans cette situation où tout le monde croit qu'il l'a déjà fait. Ces multiples tours de piste, de plus en plus angoissants pour le personnage, permettent au spectateur de s'attacher à cet homme, somme toute banal, qui regarde d'abord sa vie se détériorer. Jean-Pierre Bacri propose ici une interprétation pleine de nonchalance qui, si elle ne colle pas toujours à toutes les facettes du protagoniste, correspond très bien à l'enjeu du film et permet ainsi de contribuer à le porter. Et lorsque le récit brisera ce mouvement circulaire pour une soudaine trajectoire verticale, la reprise en mains de sa vie par cet homme sera on ne peut plus revigorante, lorsque dans ce grand mouvement vers l'avant, il arrête enfin d'être spectateur de sa vie pour en devenir acteur. Cependant, la résolution finale prendra une forme un brin décevante, avec notamment cette confrontation simpliste contre le personnage mal assumé de Claude Rich.


En attendant cela, le film saura toutefois maintenir l'intérêt avec malice, en jonglant habilement avec des instants de comédie humble et efficace, et d'autres plus mélo qui aident à construire des personnages, si ce n'est complexes, ni même parfois crédibles, au moins très attendrissants. Le scénario est surtout mieux construit que ce qu'il en a l'air : quelques petites révélations, caustiques et inattendues, pourront se pâmer du nombre d'indices qui parsemaient pourtant les scènes. De la même manière, une jolie poésie se cache  derrière l'ensemble, à travers une réalisation qui, bien que largement perfectible, apporte des moments bien pensés, et aussi portée par le personnage d'Isabelle Carré qui, si elle aussi peine à convaincre entièrement, apporte une fraîcheur plus que suffisante qui contraste avec le personnage faussement torturé et un peu cliché de l'excellente Kristin Scott Thomas. 


"Cherchez Hortense" fait donc partie de ses films sans trop de genre, sans trop de prétentions, résolument français, mais qui parviennent, malgré quelques manquements, à raconter quelque chose, tout en permettant de faire passer un bon moment, d'une part, et de faire en sorte que le spectateur s'en contente amplement, d'autre part.

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